mardi, 14 août 2007
Celle qui dit non
La première chose que je me suis dite a été « si tu veux bien faire, fais l’exact opposé de ce que ta mégère d’ex-BM a fait avec toi. Sois naturelle, ne triche pas, ne mens pas, sois toi. »
C’est ce que j’ai fait. J’avais rarement été aussi tendue que ce jour où je les ai rejoint au parc des Buttes Chaumont. Je l’ai vue de loin, jouant avec son père au bord de l’eau. Une petite blondinette de presque 3 ans qui courait dans tous les sens. Cette première journée s’est plutôt bien passée, et celles qui ont suivi aussi. Au bout de quelques mois, elle demandait où j’étais quand elle ne me voyait pas, jouait avec moi.
Et puis il y a eu le week-end de Pâques. Nous sommes partis tous les 3 rejoindre la mienne de belle-mère, la mère de Chéri. Elle aura droit à de nombreuses notes je pense. Mais pour faire court, elle nous a pourri notre week-end. Elle cède à tous les caprices de la petite, qui s’est transformée en un dictateur sans pitié. Oui, l’image est forte. Mais quand la moindre minute de chaque journée est dirigée par la volonté d’une enfant de 3 ans, je ne trouve pas d’autre image. Elle a passé 3 jours à hurler, ne s’arrêtant que pour dormir. Et avec moi elle s’est transformée. Elle s’est mis à ne plus me parler, à me fuir, à partir en courant dès que nos regards se croisaient comme si j’allais la frapper. Ça a été très dur. La grand-mère s’en délectait. Tellement ravie de voir que sa petite-fille la préférait (comme si elle avait des raisons d’en douter mais bon…)
Au retour, ça a été mieux, les choses ont retrouvé leur cours normal. Ouf. Nous avons passé des week-ends très agréables. Nous avons traversé des moments très durs, parce que la petite a vraiment un sale caractère. C’est une gosse très gentille, mais depuis sa naissance, elle a l’habitude que tout le monde lui obéisse au doigt et à l’œil. Ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est une enfant capricieuse, autoritaire, et surtout sans aucune éducation. Donc je me bats un peu avec son père, j’essaie de lui faire comprendre que c’est à lui de lui montrer le chemin, de lui donner un cadre, des repères, de l’orienter dans sa future vie d’adulte. Mais ça allait relativement bien. Elle était gentille avec moi, elle écoutait son père.
Et puis il y a un mois.
Elle a passé une semaine avec sa grand-mère. Et ça a été fini. Les hurlements ont redoublé. Les cris, les pleurs, les caprices. Elle me rejette en bloc. Et son père est dépassé. Il laisse faire. La situation empire de jour en jour. Nous finissons par la ramener chez sa mère. Nous ne dormons plus, nous ne nous parlons plus, je passe toutes mes soirées en larmes, Chéri ne comprend pas. Il est malheureux, je suis malheureuse. Il ne sait pas quoi faire. Rongé par ce syndrome bien connu des « filles comme moi » : la culpabilité du père. Je ne la vois pas souvent, je ne veux pas passer mes seuls jours avec ma fille à lui gueuler dessus.
Alors en attendant, le trouble s’installe. Elle prend le pouvoir. Elle voit qu’elle nous divise. Elle attend que son père ne soit plus dans les parages pour me parler très mal. Elle refuse tout contact avec moi, refuse de me dire bonjour, au revoir et compagnie. M’interdit de regarder la télé, veut m’obliger à changer de place sur le canapé, me défie. Parce que bien sur, je ne me laisse pas faire. Il y a des règles, et elle va devoir s’y soumettre. Alors je suis devenue celle qui dit non. Celle qui interdit. Celle qui punit. Celle qui se fâche. Je suis devenue la méchante, la marâtre.
Et ça fait mal.
12:05 Publié dans Mon nombril | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 13 août 2007
Par où commencer … ?
Je me sentais un peu étouffée, pas bien comprise, pas très écoutée, alors que j’en avais besoin.
Je suis allée sur internet, chercher sinon une solution au moins de l’aide. J’ai trouvé des forums, discuté, partagé avec d’autres. Et ça va mieux.
Aujourd’hui, je veux parler ouvertement, quitte à me prendre plein de critiques, mais je veux juste lâcher un peu de lest.
J’ai 28 ans, sans enfant. Je vis depuis un peu moins d’un an avec Chéri, 28 ans, papa d’une fillette de 3 ans ½. Elle est avec nous quelques jours par semaine. Et je suis…
… une belle-mère…… !!!
Je réalise que c’est un statut à part entière. C’est pas tous les jours roses, c’est pas tous les jours la fête. En ce moment, c’est même plutôt jamais la fête.
Je sais que je ne vais pas me faire que des amis en ouvrant ce blog, mais on est nombreuses dans ce cas, nombreuses à avoir des difficultés, à se sentir seule, à craquer. Je ne cherche pas forcément à rassembler, mais au moins un peu à dire ce que j’ai sur le cœur quand je ne peux pas le faire à voix haute. Et puis qui sait, peut-être qu’en ce moment, une femme est en train de rencontrer sa belle-fille, peut-être qu’elle est en train de se demander si quelqu’un d’autre le vit aussi durement qu’elle, et peut-être que ça lui fera du bien de savoir qu’elle est pas toute seule, qu’elle n’est pas anormale, qu’elle n’est pas un monstre.
14:11 Publié dans Au quotidien | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


